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Étapes de création d’entreprise : le guide en 6 temps

Le 2 juillet 2021 - 7 minutes de lecture
étapes de création d'entreprise : préparation du dossier, stylo en main sur une table en bois

Les étapes de création d’entreprise se résument à six temps : définir le projet, le valider par une analyse SWOT et une étude de marché, chiffrer le prévisionnel financier et le business plan, choisir le statut juridique, constituer l’entreprise, puis l’immatriculer. Sauter une étape coûte cher : une étude de marché bâclée fausse le prévisionnel, et un statut mal choisi pèse sur la fiscalité et la protection sociale pendant des années.

Créer son entreprise attire chaque année des centaines de milliers de personnes en France, pour la liberté qu’offre l’entrepreneuriat ou pour concrétiser une idée. Ce guide reprend chaque étape dans l’ordre, avec les questions à se poser et les documents à produire.

Étape 1 : définir le projet

Tout projet part d’une idée, mais une idée ne suffit pas. Elle doit répondre à un besoin réel sur un marché, et vous devez être capable de la mettre en œuvre. Posez-vous trois séries de questions :

  • Le besoin : quel problème votre produit ou service résout-il, et pour qui ? Vous pouvez innover ou vous inspirer d’une activité existante en l’améliorant. Une offre totalement nouvelle est plus risquée, mais peut rapporter davantage.
  • La faisabilité : le projet est-il réalisable avec les moyens dont vous disposez ou que vous pouvez réunir ? Une activité irréalisable, techniquement ou financièrement, est à abandonner ou à repenser.
  • Vos compétences : connaissez-vous les règles du secteur ? Avez-vous un réseau dans ce domaine ? Faites le point honnêtement sur votre profil, en sollicitant l’avis de professionnels et de proches.

Une fois l’idée retenue, précisez-la dans un modèle économique : type d’activité (vente de produits, prestation de services), clients visés, façon de générer du chiffre d’affaires, moyens nécessaires à l’exploitation.

Étape 2 : valider le projet

La validation regroupe les analyses qui confirment, ou non, la viabilité du projet. Elle repose sur deux outils principaux.

L’analyse SWOT

SWOT est l’acronyme anglais de strengths, weaknesses, opportunities, threats, en français FFOM ou FFPM : forces, faiblesses, opportunités (ou possibilités) et menaces. Elle se divise en deux volets :

  • l’analyse interne, qui porte sur les forces et faiblesses du projet. Vos compétences ou un savoir-faire rare sont des forces ; un budget limité est une faiblesse ;
  • l’analyse externe, qui porte sur l’environnement. Une réglementation favorable est une opportunité ; l’arrivée d’un concurrent puissant est une menace.

L’objectif est de renforcer les points forts, de corriger les points faibles et d’adapter la stratégie à l’environnement. L’outil reste utile tout au long de la vie de l’entreprise.

L’étude de marché

L’étude de marché vise à connaître vos futurs clients et vos concurrents. Elle répond à des questions précises :

  • Qui sont vos clients ?
  • Comment achètent-ils et quels sont leurs besoins ?
  • Où se trouvent-ils ?
  • Quel budget sont-ils prêts à consacrer à votre offre ?
  • Qui sont vos concurrents directs et indirects, et quelles offres alternatives existent ?

Elle se complète par l’analyse de l’environnement, souvent appelée PESTEL : facteurs politiques, économiques, sociaux, technologiques, écologiques et légaux qui peuvent favoriser ou freiner votre activité. L’existence d’une demande solvable est la première garantie de la faisabilité du projet.

étapes de création d'entreprise : notes adhésives organisées sur un tableau blanc pour structurer le projet

Étape 3 : construire le prévisionnel et le business plan

Le prévisionnel financier traduit le projet en chiffres sur les premières années. Il comprend généralement :

  • le compte de résultat prévisionnel ;
  • le bilan prévisionnel ;
  • le plan de financement ;
  • le budget de trésorerie, mois par mois ;
  • le besoin en fonds de roulement ;
  • la capacité d’autofinancement.

Il permet d’estimer le chiffre d’affaires nécessaire pour être rentable, de chiffrer les financements à trouver et d’orienter le choix du régime fiscal. Un projet qui n’est pas rentable sur le papier doit être ajusté avant d’aller plus loin. Notre article sur le prévisionnel financier détaille sa construction.

Le business plan rassemble le projet, l’étude de marché, la stratégie et le prévisionnel dans un même document. Il n’est pas obligatoire, mais il devient indispensable dès que vous cherchez un financement extérieur : banque, investisseurs, réseaux de prêt d’honneur. Il sert aussi de feuille de route une fois l’activité lancée. Pour savoir ce qu’il doit contenir, consultez notre guide du business plan.

Étape 4 : choisir le statut juridique

La forme juridique détermine la fiscalité de l’entreprise, le régime social du dirigeant, l’étendue de sa responsabilité et les possibilités d’évolution. Plusieurs critères guident le choix :

  • Le nombre d’associés : seul, vous pouvez choisir l’entreprise individuelle (avec ou sans le régime micro-entrepreneur), l’EURL ou la SASU. À plusieurs, la SARL ou la SAS sont les formes les plus courantes.
  • La protection du patrimoine : depuis 2022, le patrimoine personnel de l’entrepreneur individuel est séparé de son patrimoine professionnel, avec des exceptions. Les sociétés limitent la responsabilité des associés à leurs apports.
  • L’activité : certaines activités imposent ou excluent des formes. Un débit de tabac, par exemple, ne peut être exploité qu’en nom propre ou en société en nom collectif.
  • La rémunération : selon la forme, le dirigeant se rémunère par un salaire, des prélèvements ou des dividendes, avec des conséquences différentes en cotisations et en impôts.
  • La souplesse de fonctionnement : la SARL est très encadrée par la loi, la SAS laisse une large liberté aux statuts.

Chaque forme a ses avantages et ses contraintes. Faites-vous conseiller par un expert-comptable ou un réseau d’accompagnement avant de trancher.

Étape 5 : constituer l’entreprise

Cette étape regroupe les choix et les démarches qui donnent corps à l’entreprise :

  • le nom : dénomination sociale pour une société, à vérifier auprès de l’INPI pour éviter les conflits avec une marque existante ;
  • le siège : votre domicile, sous conditions, une société de domiciliation ou un local. Si votre activité reçoit du public, l’emplacement devient un choix commercial ;
  • les apports et le dépôt du capital pour une société ;
  • les statuts, qui organisent la société ;
  • l’avis de constitution dans un journal d’annonces légales pour les sociétés.

Si les fonds réunis ne couvrent pas les besoins identifiés dans le business plan, mieux vaut retarder la création et compléter le financement que démarrer sous-capitalisé.

Étape 6 : immatriculer l’entreprise

Depuis 2023, toutes les formalités de création passent par le guichet unique en ligne géré par l’INPI, quelle que soit la forme juridique et l’activité. Le dossier est ensuite transmis aux organismes concernés : registre du commerce et des sociétés, registre national des entreprises, administration fiscale, Urssaf. Une entreprise individuelle demande moins de formalités qu’une société.

Une fois l’immatriculation obtenue, vous recevez vos numéros SIREN et SIRET, et un extrait Kbis pour une société commerciale. Vous pouvez alors ouvrir un compte professionnel, souscrire vos assurances et commencer à facturer.

Et après : se faire connaître

L’immatriculation n’apporte aucun client. Préparez en parallèle votre lancement commercial : offre claire, prix, supports de présentation et présence en ligne. Pour une entreprise de services ou de proximité, une création de site vitrine optimisée pour Google permet d’être trouvé par les clients dès les premières semaines, et de crédibiliser une jeune entreprise face aux concurrents installés.

Questions fréquentes

Combien de temps faut-il pour créer une entreprise ?

La préparation (idée, étude de marché, prévisionnel) prend souvent plusieurs mois. Les formalités elles-mêmes, une fois le dossier complet, se règlent généralement en quelques jours à quelques semaines.

Le business plan est-il obligatoire ?

Non, mais il est exigé par les banques et les investisseurs, et reste le meilleur moyen de vérifier qu’un projet tient la route.

Où déclarer la création de son entreprise ?

Sur le guichet unique des formalités d’entreprises, accessible en ligne et géré par l’INPI, qui a remplacé les anciens centres de formalités des entreprises.

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Nicolas Mercatili, fondateur de l'agence SEO-TECH

Nicolas Mercatili

Fondateur et président de CN DIGITAL, la société qui édite SEO-TECH. Consultant SEO depuis 2010, il pilote les projets clients notament sur la partir SEO. Cofondateur de Semjuice, formateur Google et conférencier, il accompagne les entreprises pour être visibles sur Google et dans les réponses des assistants IA. LinkedIn · Site personnel