Aide NACRE : fonctionnement et dispositifs qui l’ont remplacée
Information générale, à jour en octobre 2026. Elle ne remplace pas l'avis d'un avocat ou d'un expert-comptable : vérifiez les règles en vigueur sur service-public.fr ou impots.gouv.fr.
L’aide NACRE (nouvel accompagnement pour la création et la reprise d’entreprise) était un dispositif national qui associait un accompagnement de plusieurs années et un prêt à taux zéro pour les créateurs et repreneurs éloignés de l’emploi. Lancé en 2009, il a été confié aux régions au 1er janvier 2017 : il n’existe plus sous sa forme nationale, et chaque région organise désormais ses propres programmes d’accompagnement et de financement des créateurs. Comprendre ce qu’était NACRE aide à savoir quoi chercher aujourd’hui.
Le nom NACRE apparaît encore dans de nombreux guides et forums, ce qui crée de la confusion. Cet article présente le fonctionnement du dispositif, ses bénéficiaires, ce qui l’a remplacé et les aides vers lesquelles se tourner en 2026.
Table des matières
Ce qu’était le dispositif NACRE
NACRE a pris en 2009 la suite de l’ancien dispositif EDEN. Son objectif : aider les demandeurs d’emploi et les personnes en difficulté d’insertion à créer ou reprendre une entreprise, en leur apportant à la fois des conseils et un financement. Il se déroulait en trois phases, assurées par des organismes conventionnés : réseaux d’accompagnement à la création, chambres consulaires, associations de financement.
Phase 1 : l’aide au montage du projet
Un conseiller aidait le porteur de projet à finaliser son dossier : étude de marché, business plan, choix du statut, anticipation des difficultés. L’objectif était d’arriver devant les banques et les partenaires avec un projet solide. Cette phase durait quelques mois, un peu plus longtemps pour une reprise que pour une création.
Phase 2 : la structuration financière
Le conseiller vérifiait la viabilité économique du projet et accompagnait le porteur dans ses démarches auprès des banques. C’est à ce stade qu’intervenait le prêt NACRE : un prêt à taux zéro, sans garantie personnelle, d’un montant de quelques milliers d’euros, remboursable sur cinq ans au plus. Il devait obligatoirement être couplé à un prêt bancaire d’un montant et d’une durée au moins équivalents : c’était un effet de levier pour obtenir un financement classique.
Phase 3 : l’appui au démarrage et au développement
Pendant les trois premières années d’activité, l’entrepreneur pouvait bénéficier d’un suivi : rendez-vous réguliers, aide à la gestion, conseils sur la stratégie de développement. Cette phase visait à améliorer la survie des jeunes entreprises, souvent fragile les premières années.

Qui pouvait en bénéficier ?
NACRE s’adressait aux personnes qui, au moment de la création ou de la reprise, appartenaient à l’une de ces catégories :
- jeunes de 18 à 25 ans, et jeunes de moins de 30 ans n’ayant pas assez travaillé pour être indemnisés ;
- demandeurs d’emploi indemnisés, ou non indemnisés mais inscrits depuis un certain temps ;
- bénéficiaires de minima sociaux, comme le RSA ou l’allocation de solidarité spécifique ;
- salariés reprenant leur entreprise en difficulté ;
- créateurs s’installant dans un quartier prioritaire de la politique de la ville.
Le dispositif ne faisait pas de distinction selon la forme juridique : société, entreprise individuelle ou micro-entreprise pouvaient en bénéficier. Le porteur signait un contrat d’accompagnement avec l’organisme conventionné, qui fixait les conditions du suivi.
Ce qui a changé depuis 2017
La loi portant nouvelle organisation territoriale de la République (loi NOTRe) a renforcé le rôle des régions en matière de développement économique. Dans ce cadre, le financement et le pilotage de NACRE leur ont été transférés au 1er janvier 2017.
Chaque région a depuis repensé l’accompagnement des créateurs à sa manière : certaines ont conservé une logique proche de NACRE sous un autre nom, d’autres ont intégré la création d’entreprise dans des programmes plus larges. Le prêt NACRE national n’est plus accordé. Pour connaître le programme applicable à votre projet, renseignez-vous auprès du conseil régional, de la chambre de commerce et d’industrie, de la chambre de métiers ou des réseaux d’accompagnement de votre territoire.
Les aides à la création d’entreprise à connaître aujourd’hui
À défaut de NACRE, plusieurs dispositifs nationaux et réseaux restent accessibles aux créateurs :
| Dispositif | Nature | Pour qui |
|---|---|---|
| ACRE | Exonération partielle de cotisations sociales en début d’activité | Créateurs et repreneurs remplissant certaines conditions |
| Maintien de l’ARE ou ARCE | Allocations chômage maintenues ou versées en capital | Demandeurs d’emploi indemnisés |
| Prêt d’honneur | Prêt personnel à taux zéro, sans garantie, accordé par des réseaux associatifs | Créateurs dont le projet est validé par un comité |
| Garanties de prêt | Garantie partielle des prêts bancaires (France Active, Bpifrance) | Créateurs qui empruntent auprès d’une banque |
| Contrat d’appui au projet d’entreprise | Accompagnement et test de l’activité au sein d’une couveuse | Porteurs de projet souhaitant se lancer progressivement |
| Programmes régionaux | Accompagnement et financements propres à chaque région | Selon les critères de la région |
Les prêts d’honneur reprennent l’esprit du prêt NACRE : un financement personnel sans intérêts qui renforce les fonds propres et facilite l’obtention d’un prêt bancaire. Le contrat d’appui au projet d’entreprise reprend, lui, l’idée d’un accompagnement au démarrage. Pour un panorama plus large, consultez notre article sur les aides aux jeunes entrepreneurs.
Comment se faire accompagner aujourd’hui
- Formalisez votre projet : activité, clientèle, premiers chiffres.
- Contactez les réseaux d’accompagnement présents près de chez vous, ou votre conseiller France Travail si vous êtes demandeur d’emploi.
- Renseignez-vous sur le programme régional d’aide à la création.
- Construisez votre plan de financement en combinant apport personnel, prêt d’honneur, prêt bancaire et aides.
L’accompagnement porte aussi sur le lancement commercial. Une fois l’entreprise créée, être trouvé par ses premiers clients devient la priorité : une création de site vitrine pensée pour le référencement local aide une jeune entreprise à se faire connaître dans sa zone, sans budget publicitaire important.
Questions fréquentes
Le dispositif NACRE existe-t-il encore ?
Plus sous sa forme nationale. Depuis le 1er janvier 2017, ce sont les régions qui financent et organisent l’accompagnement des créateurs, chacune selon ses propres règles.
Quel était le montant du prêt NACRE ?
Il s’agissait d’un prêt à taux zéro de quelques milliers d’euros, remboursable sur cinq ans au plus, obligatoirement associé à un prêt bancaire au moins équivalent.
Par quoi remplacer le prêt NACRE ?
Par un prêt d’honneur accordé par un réseau d’accompagnement, combiné à un prêt bancaire, et par les aides de votre région.
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