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Récession : définition, causes, signes et conséquences

Le 1 juillet 2022 - 9 minutes de lecture
récession : gros plan sur un graphique économique affiché sur un écran

Une récession est une baisse significative et durable de l’activité économique d’un pays. Selon la définition la plus courante, dite « récession technique », on parle de récession quand le produit intérieur brut (PIB) recule pendant deux trimestres consécutifs. Elle se traduit par une chute de la production, de l’investissement et de la consommation, une hausse du chômage et des défaillances d’entreprises, avant le retour de la croissance.

Les récessions font partie des cycles économiques : elles sont plus ou moins longues et profondes, mais aucune économie n’y échappe durablement. Ce guide explique la définition d’une récession, ses causes, les signes qui l’annoncent, ce qui la distingue d’une dépression, ses conséquences et la façon dont une entreprise peut s’y préparer.

Qu’est-ce qu’une récession ?

La définition technique

Le PIB mesure la valeur de l’ensemble des biens et services produits dans un pays sur une période. Quand il recule deux trimestres de suite, on parle de récession technique. C’est la définition utilisée le plus souvent dans les médias et par de nombreux économistes en Europe, notamment pour commenter les chiffres publiés en France par l’Insee.

La définition du NBER

Aux États-Unis, le comité de datation des cycles du NBER (National Bureau of Economic Research), un organisme de recherche privé, retient une définition plus large : une baisse significative de l’activité, étendue à l’ensemble de l’économie et qui dure plus de quelques mois. Il ne se limite pas au PIB : il examine aussi l’emploi, les revenus réels des ménages, la consommation et la production industrielle. Une récession peut ainsi être reconnue sans deux trimestres de recul du PIB, ou ne pas l’être malgré eux.

Combien de temps dure une récession ?

Il n’y a pas de durée fixe. D’après les données du NBER, les récessions américaines depuis 1945 ont duré en moyenne une dizaine de mois. Certaines sont très courtes, comme celle provoquée par la pandémie de Covid-19 au printemps 2020, d’autres beaucoup plus longues, comme la Grande Récession de 2008-2009. Une fois le point bas atteint, l’économie entre en phase de reprise.

La récession dans le cycle économique

L’activité économique suit des cycles, qui alternent quatre phases :

  1. l’expansion : la production, l’emploi et les revenus progressent ;
  2. le pic : la croissance atteint son maximum, des tensions apparaissent (inflation, pénuries de main-d’œuvre) ;
  3. la contraction : l’activité ralentit puis recule, c’est la récession ;
  4. le creux : l’activité touche son point bas, avant une nouvelle phase d’expansion.

Quelles sont les causes d’une récession ?

Une récession naît le plus souvent d’un déséquilibre qui finit par se corriger brutalement, ou d’un choc extérieur. Les principales causes sont :

  • un choc sur les prix de l’énergie ou des matières premières, comme les chocs pétroliers de 1973 et 1979, qui renchérissent la production et réduisent le pouvoir d’achat ;
  • une crise financière : l’éclatement d’une bulle boursière ou immobilière, la défaillance de grandes banques, comme en 2008 avec la crise des subprimes ;
  • un resserrement monétaire : pour lutter contre une inflation persistante, les banques centrales relèvent leurs taux d’intérêt, ce qui freine le crédit, l’investissement et la consommation ;
  • le surendettement des ménages, des entreprises ou des États, qui oblige à réduire les dépenses ;
  • un choc sanitaire ou géopolitique, comme la pandémie de 2020, qui arrête brutalement une partie de l’activité ;
  • une baisse de la demande : quand les ménages et les entreprises perdent confiance, ils reportent leurs achats et leurs investissements, ce qui réduit encore l’activité.

Ces causes s’entretiennent souvent les unes les autres : une difficulté dans un secteur se propage aux fournisseurs, aux salariés, puis à la consommation, par un effet domino.

Quels sont les signes d’une récession ?

Plusieurs indicateurs, suivis par les économistes et publiés régulièrement, signalent un ralentissement :

  • le PIB : un ralentissement marqué de la croissance, puis un recul trimestriel ;
  • la production industrielle, souvent la première touchée, car les entreprises réduisent leurs commandes et puisent dans leurs stocks ;
  • les enquêtes de conjoncture : le climat des affaires publié par l’Insee, les indices des directeurs d’achat (PMI), dont un niveau inférieur à 50 indique une contraction ;
  • le commerce : les ventes au détail et en gros diminuent quand les ménages et les entreprises réduisent leurs achats ;
  • l’emploi : les embauches ralentissent, l’intérim recule, puis le chômage augmente ;
  • les salaires : les hausses se font rares, les primes sont réduites ;
  • le crédit : les banques durcissent leurs conditions d’octroi.

L’inflation, elle, n’est pas un signe de récession en soi : elle tend plutôt à ralentir quand la demande baisse. Mais une inflation élevée peut en être une cause indirecte, en poussant les banques centrales à relever leurs taux. Quand une forte inflation coexiste avec une activité en recul, comme dans les années 1970, on parle de stagflation.

récession économique : rue de ville déserte la nuit

Récession et dépression : quelles différences ?

Les deux termes désignent un recul de l’activité, mais pas de même ampleur.

RécessionDépression
Recul de l’activité sur quelques trimestresRecul profond qui s’étend sur plusieurs années
Chute du PIB généralement limitéeChute du PIB très forte (on cite souvent un seuil de 10 %, sans définition officielle)
Hausse du chômage, défaillances d’entreprises en hausseChômage de masse, faillites en chaîne, crise bancaire
Fait partie du cycle économique ordinaireÉvénement rare et exceptionnel

L’exemple de référence est la Grande Dépression qui a suivi le krach boursier d’octobre 1929 : aux États-Unis, la production s’est effondrée de 1929 à 1933, le chômage a touché une part considérable de la population active, et la crise s’est propagée à l’Europe.

Quelles sont les conséquences d’une récession ?

Pour les entreprises

Les entreprises sont en première ligne. Les ventes baissent, les clients paient plus tard, les banques prêtent moins facilement. Les plus fragiles sont les petites structures avec peu de trésorerie et les secteurs dont les achats peuvent être reportés : biens d’équipement, construction, automobile, loisirs. Les entreprises gèlent leurs embauches, réduisent leurs investissements, et certaines doivent licencier ou cesser leur activité. Les grandes entreprises résistent mieux, mais réduisent elles aussi leur production et leurs projets.

Pour les ménages

La hausse du chômage et le ralentissement des salaires réduisent les revenus. Les ménages reportent leurs achats importants et épargnent davantage par précaution, ce qui pèse encore sur la demande. Les ménages endettés sont les plus exposés.

Pour les marchés financiers

Les cours boursiers baissent souvent avant même le début officiel de la récession, car les marchés anticipent la baisse des bénéfices. Des entreprises réduisent ou suspendent le versement de dividendes.

Pour l’immobilier

Les transactions ralentissent et les prix peuvent baisser, surtout si la récession s’accompagne d’un durcissement du crédit. Les propriétaires récents, qui ont acheté au plus haut avec un emprunt important, sont les plus exposés à une perte en cas de revente.

Les réponses des pouvoirs publics

Pour limiter la récession, les banques centrales baissent généralement leurs taux d’intérêt, et les États soutiennent l’activité : dispositifs d’activité partielle, garanties de prêts, reports de charges, plans de relance. En France, ces outils ont été largement utilisés en 2020.

Comment une entreprise peut-elle se préparer à une récession ?

Une récession ne se prévoit pas avec certitude, mais une entreprise peut renforcer sa résistance avant qu’elle n’arrive :

  • sécuriser la trésorerie : constituer une réserve, négocier des lignes de crédit quand la situation est encore bonne, accélérer l’encaissement des créances. Des solutions comme l’affacturage permettent de transformer plus vite les factures en liquidités ;
  • alléger les coûts fixes : renégocier les contrats, privilégier des charges variables, reporter les investissements non stratégiques ;
  • diversifier sa clientèle pour ne pas dépendre d’un seul client ou d’un seul secteur ;
  • soigner ses clients actuels : il coûte moins cher de fidéliser un client que d’en conquérir un nouveau ;
  • suivre ses indicateurs chaque mois : chiffre d’affaires, carnet de commandes, délais de paiement, marge.

Dernier point, souvent négligé : ne pas devenir invisible. Quand les budgets publicitaires sont coupés, les entreprises qui restent trouvables sur Google captent la demande qui subsiste. Un site qui se positionne sur les recherches de vos clients continue de générer des contacts sans payer chaque clic ; si votre site actuel ne joue pas ce rôle, une création de site vitrine optimisée pour le référencement est un investissement modeste au regard d’une campagne publicitaire.

Et pour les particuliers ?

Les mêmes principes s’appliquent : réduire les dépenses non essentielles, constituer une épargne de précaution, éviter de nouveaux crédits non indispensables et ne pas compter sur une augmentation de salaire à court terme. En cas de doute sur un placement ou un projet immobilier, un conseiller financier indépendant aide à prendre du recul.

Questions fréquentes

Quelle est la définition simple d’une récession ?

C’est une baisse de l’activité économique d’un pays. Dans la définition la plus courante, il y a récession quand le PIB diminue pendant deux trimestres consécutifs.

Quelle est la différence entre récession et crise économique ?

« Crise » est un terme général qui désigne une dégradation brutale de la situation économique ou financière. La récession en est une mesure précise : un recul du PIB. Une crise financière peut provoquer une récession, mais toutes les récessions ne naissent pas d’une crise financière.

Qui déclare officiellement une récession ?

En France, il n’existe pas d’organisme chargé de « déclarer » une récession : on la constate à partir des chiffres trimestriels du PIB publiés par l’Insee. Aux États-Unis, le NBER date officiellement le début et la fin des récessions, souvent plusieurs mois après les faits.

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Nicolas Mercatili, fondateur de l'agence SEO-TECH

Nicolas Mercatili

Fondateur et président de CN DIGITAL, la société qui édite SEO-TECH. Consultant SEO depuis 2010, il pilote les projets clients notament sur la partir SEO. Cofondateur de Semjuice, formateur Google et conférencier, il accompagne les entreprises pour être visibles sur Google et dans les réponses des assistants IA. LinkedIn · Site personnel