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Créer une entreprise de transport routier : les démarches

Le 10 juillet 2021 - 6 minutes de lecture
Créer une entreprise de transport : semi-remorque roulant sur une route de campagne

Pour créer une entreprise de transport routier de marchandises, il faut réunir quatre conditions avant de pouvoir exercer : la capacité professionnelle (attestation de capacité de transport), l’honorabilité, une capacité financière minimale et un établissement réel en France. L’entreprise doit ensuite être immatriculée, puis inscrite au registre des transporteurs auprès de la DREAL, qui délivre les licences pour chaque véhicule.

Livraison de colis en utilitaire, messagerie, transport de lots en poids lourd : le secteur attire de nombreux créateurs, mais c’est une activité réglementée. Ce guide suit les étapes dans l’ordre, pour le transport de marchandises pour le compte d’autrui. Le transport de personnes (VTC, taxi, transport collectif) obéit à des règles différentes, que nous évoquons en fin d’article.

Étape 1 : définir son activité et ses véhicules

Tout part du poids des véhicules que vous utiliserez :

  • Transport léger : véhicules jusqu’à 3,5 tonnes de poids maximal autorisé (utilitaires, fourgons, mais aussi deux-roues motorisés pour la livraison urbaine). C’est le cas de la plupart des activités de livraison de colis et de transport express.
  • Transport lourd : véhicules de plus de 3,5 tonnes (porteurs, semi-remorques).

Ce choix détermine l’attestation de capacité à obtenir, le montant de capacité financière à justifier, le type de licence et les permis de conduire nécessaires (B pour les utilitaires légers, C ou CE pour les poids lourds, avec la formation FIMO puis FCO pour les conducteurs). Étudiez aussi votre marché : donneurs d’ordre visés, zone géographique, sous-traitance pour un réseau ou clientèle en direct.

Étape 2 : obtenir la capacité professionnelle

La personne qui dirigera effectivement l’activité de transport, le gestionnaire de transport, doit détenir l’attestation de capacité professionnelle : légère ou lourde selon les véhicules. Elle s’obtient par formation et examen, par examen seul (pour le lourd) ou par équivalence de diplôme. Si vous ne la détenez pas vous-même, vous pouvez désigner un gestionnaire qui la possède. Toutes les modalités sont détaillées dans notre article sur la capacité de transport.

Étape 3 : réunir la capacité financière

L’entreprise doit prouver qu’elle dispose de ressources suffisantes pour démarrer et fonctionner. Les montants exigés dépendent du nombre et du type de véhicules :

Type de véhiculesPremier véhiculeChaque véhicule supplémentaire
Plus de 3,5 tonnes9 000 €5 000 €
Jusqu’à 3,5 tonnes1 800 €900 €

Ces montants correspondent à des capitaux propres et réserves, et peuvent être complétés sous conditions par une garantie bancaire. Vérifiez les montants en vigueur auprès de la DREAL au moment de votre dossier. La capacité financière doit ensuite être justifiée chaque année, à partir des comptes annuels.

Au-delà de ce minimum réglementaire, construisez un vrai business plan : prix des véhicules (achat, location longue durée ou crédit-bail), assurances, carburant, péages, entretien, salaires des conducteurs, et délais de paiement des clients, souvent longs dans ce secteur.

Étape 4 : créer la structure juridique

Vous pouvez exercer en entreprise individuelle ou en société (EURL, SARL, SASU, SAS). La société est souvent préférée dans le transport : elle sépare mieux les risques et facilite l’entrée d’associés ou de financeurs. La création suit les étapes de création d’entreprise habituelles : statuts, dépôt du capital, annonce légale, puis dossier d’immatriculation sur le guichet unique des formalités d’entreprises (INPI).

Le dirigeant et le gestionnaire de transport doivent remplir la condition d’honorabilité : ne pas avoir fait l’objet de certaines condamnations, notamment en matière de droit commercial, social, routier ou de sécurité.

Créer une entreprise de transport : camion stationné devant un entrepôt logistique

Étape 5 : s’inscrire au registre des transporteurs

L’inscription au registre électronique national des entreprises de transport par route se demande auprès de la DREAL de votre région (DRIEAT en Île-de-France). Le dossier comprend en général :

  • le formulaire de demande d’inscription ;
  • l’extrait d’immatriculation de l’entreprise ;
  • l’attestation de capacité professionnelle du gestionnaire de transport et le justificatif de son lien avec l’entreprise ;
  • les justificatifs de capacité financière (bilan d’ouverture, attestation de l’expert-comptable, éventuelles garanties) ;
  • les éléments relatifs à l’honorabilité et à l’établissement (locaux, lieu de stationnement des véhicules) ;
  • la liste des véhicules.

Une fois l’inscription accordée, la DREAL délivre la licence adaptée et une copie conforme par véhicule, à conserver à bord : la licence communautaire pour les véhicules de plus de 3,5 tonnes (et pour les transports internationaux dans les cas prévus par la réglementation européenne), la licence de transport intérieur pour les véhicules légers circulant en France. Les licences sont délivrées pour une durée limitée, généralement dix ans, et doivent être renouvelées avant leur expiration.

Étape 6 : exercer dans les règles

  • Assurances : responsabilité civile circulation pour chaque véhicule, assurance des marchandises transportées, multirisque professionnelle.
  • Temps de conduite et de repos : à respecter et à enregistrer (chronotachygraphe pour les poids lourds).
  • Contrats et documents de transport : lettre de voiture, conditions générales, respect des contrats types.
  • Justification annuelle de la capacité financière auprès de la DREAL, à partir des comptes de l’exercice.
  • Signalement des changements : nouveau gestionnaire, ajout de véhicules, déménagement.

Et le transport de personnes ?

Le transport public de personnes suit des régimes distincts : le transport collectif (autocars, ramassage scolaire) exige sa propre capacité professionnelle et une inscription au registre ; le VTC demande une carte professionnelle et une inscription au registre des VTC ; le taxi nécessite une carte professionnelle et une autorisation de stationnement. Renseignez-vous auprès de la DREAL ou de la préfecture selon votre projet.

Trouver ses premiers clients

Une fois les autorisations obtenues, il faut remplir les camions. Les commerçants, artisans et PME de votre secteur cherchent souvent « transporteur » ou « livraison » suivi du nom de leur ville. Être visible sur ces recherches de proximité, avec une fiche d’établissement complète et des pages par zone desservie, relève du référencement local, un levier efficace pour un transporteur qui démarre. Vous préparez une création de site internet à Montélimar ? Notre agence vous accompagne à distance, de l’analyse à la mise en ligne.

Questions fréquentes

Quel capital pour créer une entreprise de transport ?

La forme juridique n’impose pas de capital minimum élevé, mais la capacité financière exigée par la réglementation du transport l’est : par exemple 1 800 € pour un premier véhicule léger et 9 000 € pour un premier poids lourd, plus un montant par véhicule supplémentaire.

Peut-on créer une entreprise de transport sans diplôme ?

Oui, à condition d’obtenir l’attestation de capacité professionnelle par formation et examen, ou de désigner un gestionnaire de transport qui la détient.

Faut-il une licence pour livrer des colis en utilitaire ?

Oui, dès lors que vous transportez des marchandises pour le compte d’autrui contre rémunération : inscription au registre et licence de transport intérieur, avec une copie conforme par véhicule.

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Nicolas Mercatili, fondateur de l'agence SEO-TECH

Nicolas Mercatili

Fondateur et président de CN DIGITAL, la société qui édite SEO-TECH. Consultant SEO depuis 2010, il pilote les projets clients notament sur la partir SEO. Cofondateur de Semjuice, formateur Google et conférencier, il accompagne les entreprises pour être visibles sur Google et dans les réponses des assistants IA. LinkedIn · Site personnel