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Gestion des conflits en entreprise : causes, étapes et prévention

Le 19 octobre 2022 - 8 minutes de lecture
gestion des conflits en entreprise : collègues en discussion dans une salle de réunion

La gestion des conflits en entreprise suit quatre étapes : identifier la source du désaccord, entendre chaque personne séparément, réunir les parties pour construire une solution acceptée par tous, puis suivre l’application de ce qui a été convenu. Le manager ou les ressources humaines jouent le rôle de médiateur, en restant neutres. Mieux vaut encore prévenir : une organisation claire, une communication régulière et un management attentif évitent la plupart des conflits.

Désaccords sur la répartition du travail, tensions entre générations, rivalités entre services : les conflits font partie de la vie de toute organisation. Non traités, ils dégradent l’ambiance, la qualité du travail et la santé des salariés, et finissent par coûter cher. Ce guide aide à repérer les signes d’un conflit, à en comprendre les causes, à le résoudre et à le prévenir.

Qu’est-ce qu’un conflit en entreprise ?

Un conflit est un désaccord durable entre deux personnes ou plus, qui affecte leur relation et leur travail. Il peut opposer :

  • deux collègues d’une même équipe ;
  • des groupes de collaborateurs ;
  • des services ou des départements ;
  • un salarié et son responsable hiérarchique.

Un désaccord ponctuel, exprimé et débattu, n’est pas un problème : il peut même améliorer une décision. Il devient un conflit quand il s’installe, se personnalise et empêche de travailler ensemble.

Les signes d’un conflit

Les conflits s’annoncent souvent par des signaux faibles :

  • une communication qui se dégrade : échanges limités au strict nécessaire, ton sec, messages écrits là où l’on se parlait ;
  • des retards, des oublis ou des erreurs en série dans les tâches partagées ;
  • des clans qui se forment, des personnes tenues à l’écart des réunions ou des informations ;
  • une hausse de l’absentéisme, des demandes de mutation, des départs ;
  • des plaintes répétées auprès du manager ou des ressources humaines.

Pour visualiser les relations au sein d’une équipe et repérer les tensions ou les personnes isolées, certains managers s’appuient sur un sociogramme.

Les principales causes de conflits

Les problèmes d’organisation

C’est la cause la plus fréquente, et la plus facile à corriger. Des missions mal définies, des tâches qui se chevauchent, une charge de travail mal répartie (certains débordés, d’autres sous-employés), des objectifs contradictoires entre services : tôt ou tard, ces dysfonctionnements créent du mécontentement et des reproches.

Les différences de génération et de méthode

Des collaborateurs aux anciennetés, aux âges et aux parcours différents n’ont pas toujours la même vision du travail : méthodes établies d’un côté, envie de changer les pratiques de l’autre, rapport différent aux outils numériques ou au télétravail. Ces différences sont une richesse, mais elles créent des tensions si personne ne les fait dialoguer.

Les conflits d’intérêts et de pouvoir

Quand un salarié privilégie son intérêt personnel (promotion, reconnaissance, territoire) au détriment de l’équipe, ou qu’un responsable abuse de sa position, la confiance se dégrade rapidement.

Les conflits de personnes

Des incompatibilités de caractère, des malentendus non dissipés ou des rivalités peuvent dégénérer en conflits destructifs : critiques systématiques, dénigrement, propos blessants. Ce sont les plus graves pour l’ambiance et la performance du groupe. Un conflit qui se traduit par des agissements répétés dégradant les conditions de travail peut relever du harcèlement moral, que l’employeur a l’obligation légale de prévenir et de faire cesser.

Les styles de réaction face à un conflit

Le modèle de Thomas et Kilmann, très utilisé en formation, distingue cinq attitudes, selon que l’on cherche à défendre ses intérêts ou ceux de l’autre :

StyleAttitudeQuand l’utiliser ?
CompétitionImposer sa solutionUrgence, décision impopulaire mais nécessaire
CollaborationChercher une solution qui satisfait pleinement les deux partiesEnjeu important, relation à préserver
CompromisChacun cède une partiePositions équilibrées, besoin d’une solution rapide
ÉvitementRemettre à plus tardEnjeu mineur, besoin de laisser retomber la tension
AccommodationCéder à l’autreEnjeu plus important pour l’autre que pour soi

Aucun style n’est bon en toutes circonstances, mais l’évitement systématique laisse les conflits s’aggraver.

gestion des conflits en entreprise : collègues échangeant pour renouer le dialogue

Les étapes pour résoudre un conflit

La résolution d’un conflit prend du temps. Elle est généralement conduite par le manager ou par les ressources humaines, qui jouent le rôle de médiateur : leur objectif n’est pas de désigner un gagnant, mais de rétablir une relation de travail et de trouver une solution conforme à l’intérêt de l’entreprise.

1. Identifier la source du conflit

Qui est concerné ? Depuis quand ? Quel est l’objet réel du désaccord (organisation, intérêts, personnes) ? Quelle est son intensité ? Peut-il être réglé en interne ? Plus l’intervention est précoce, plus la résolution est simple.

2. Rencontrer chaque partie séparément

Des entretiens individuels permettent à chacun de s’exprimer librement, y compris sur ses émotions, sans la pression de l’autre partie. Le médiateur écoute, reformule et recueille les différentes versions des faits, sans prendre position.

3. Réunir les parties

La réunion commune pose d’abord un cadre : objectif de la rencontre, règles d’échange (respect, pas d’interruption, pas d’attaques personnelles). Chacun expose sa vision et écoute l’autre. Le médiateur reste neutre, fait émerger les points d’accord et aide les parties à construire elles-mêmes des solutions concrètes. Les engagements pris peuvent être consignés dans un compte rendu partagé, pour éviter toute ambiguïté.

4. Suivre l’évolution de la situation

Quelques semaines plus tard, le médiateur vérifie que les engagements sont tenus, que la relation s’est apaisée et qu’aucun nouveau conflit n’est apparu. Si la situation ne s’améliore pas, ou si le conflit est trop installé, le recours à un médiateur professionnel extérieur à l’entreprise permet souvent de débloquer la situation.

Comment prévenir les conflits ?

Clarifier l’organisation

Des fiches de poste à jour, une répartition explicite des tâches et des responsabilités, des objectifs cohérents entre services : la clarté supprime une grande partie des causes de conflit.

Communiquer et écouter

Des points d’équipe réguliers, des entretiens individuels, une porte ouverte pour signaler une difficulté : un manager qui écoute repère les tensions avant qu’elles ne dégénèrent. Expliquer les décisions, même impopulaires, évite les interprétations et les rumeurs.

Prendre soin du cadre de travail

Certaines entreprises misent sur le bien-être au travail pour apaiser les relations, parfois sous le nom de « management sensoriel », qui s’appuie sur les cinq sens : espaces agréables et lumineux, réduction du bruit (casques, espaces calmes), moments conviviaux comme les déjeuners d’équipe, activités collectives. Ces actions améliorent le climat, mais ne remplacent pas une organisation claire. D’autres cultures d’entreprise ont leurs propres approches, comme le management japonais, à découvrir dans un autre article.

Déléguer et responsabiliser

Confier des responsabilités, associer les collaborateurs aux décisions qui les concernent et reconnaître leur travail réduit les frustrations. Des référents ou des binômes peuvent aussi faire remonter les difficultés et désamorcer les tensions au plus près du terrain.

Former les managers

La gestion des conflits s’apprend. Des formations courtes apprennent à repérer les signaux faibles, à mener un entretien difficile et à conduire une médiation.

Les qualités d’un bon médiateur

  • L’objectivité : rester neutre, ne pas prendre parti, ne pas juger.
  • L’écoute : laisser chacun s’exprimer, reformuler, valider ce qui a été compris.
  • La maîtrise de soi : garder son calme face à la colère ou aux reproches.
  • La confidentialité : ce qui est dit en entretien individuel n’est pas répété sans accord.
  • Le sens de la solution : orienter l’échange vers l’avenir et des actions concrètes, plutôt que vers la recherche d’un coupable.

Les conflits ne sont pas seulement internes : beaucoup de litiges avec les clients naissent d’un malentendu sur la prestation, le prix ou les délais. Des informations claires et accessibles en amont, sur un site qui détaille vos prestations, vos conditions et votre façon de travailler, limitent ces malentendus ; c’est l’un des objectifs d’une création de site vitrine bien construite.

Questions fréquentes

Quelles sont les étapes de la gestion d’un conflit ?

Identifier la source du conflit, rencontrer chaque partie séparément, réunir les personnes concernées pour construire une solution commune, puis suivre l’application des engagements.

Qui doit gérer un conflit en entreprise ?

Le manager direct en premier lieu, avec l’appui des ressources humaines. Si le conflit implique le manager lui-même ou s’il est trop installé, un tiers neutre, interne ou externe, est préférable.

Quelles sont les principales causes de conflits au travail ?

Les problèmes d’organisation (tâches floues, charge mal répartie), les différences de génération et de méthode, les conflits d’intérêts ou de pouvoir et les incompatibilités entre personnes.

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Christelle Mercatili, directrice générale de CN DIGITAL

Christelle Mercatili

Directrice générale de CN DIGITAL, la société qui édite SEO-TECH. Elle gère le catalogue de sites de l'agence et assure le suivi des stratégies de netlinking et média des clients. LinkedIn