ACRE : définition, bénéficiaires et montant de l’exonération
Information générale, à jour en octobre 2026. Elle ne remplace pas l'avis d'un avocat ou d'un expert-comptable : vérifiez les règles en vigueur sur service-public.fr ou impots.gouv.fr.
L’ACRE (aide à la création ou à la reprise d’une entreprise) est une exonération partielle de cotisations sociales accordée pendant la première année d’activité à certains créateurs et repreneurs : demandeurs d’emploi, bénéficiaires de minima sociaux, jeunes de 18 à 25 ans, entre autres. Pour les créations depuis 2026, elle est plafonnée à 25 % des cotisations concernées et doit être demandée à l’Urssaf. Elle ne remplace pas un revenu, mais allège les charges au moment où l’activité démarre.
Le dispositif a été profondément modifié à plusieurs reprises : ouverture à tous les créateurs en 2019, recentrage en 2020, puis réduction du public et du montant en 2026. Ce guide présente ses caractéristiques à jour : bénéficiaires, cotisations exonérées, calcul, durée et cumul avec les autres aides. Si vous percevez des allocations chômage, voyez aussi les règles du cumul ARE et activité non salariée.
Table des matières
ACRE : définition et historique
L’ACRE a succédé en 2019 à l’ACCRE, l’aide aux chômeurs créateurs ou repreneurs d’entreprise, créée à la fin des années 1970. L’objectif initial n’a pas changé : permettre à des personnes éloignées de l’emploi de créer leur propre activité, en réduisant leurs charges sociales le temps du démarrage.
Les grandes étapes récentes :
- 2019 : l’ACCRE devient l’ACRE et s’ouvre à la quasi-totalité des créateurs et repreneurs ;
- 2020 : le dispositif est recentré sur les publics prioritaires et sa durée est ramenée à un an pour les micro-entrepreneurs ;
- 2026 : la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 limite l’exonération à 25 % des cotisations, recentre encore la liste des bénéficiaires et rend la demande obligatoire pour tous.
L’ACRE est gérée par l’Urssaf, et non par France Travail, même si de nombreux bénéficiaires sont des demandeurs d’emploi.
Qui peut bénéficier de l’ACRE ?
Pour une activité créée ou reprise depuis le 1er janvier 2026, il faut remplir l’une des conditions suivantes :
- être demandeur d’emploi indemnisé, ou non indemnisé mais inscrit à France Travail au moins six mois au cours des dix-huit derniers mois ;
- percevoir le RSA ou l’allocation de solidarité spécifique (ASS) ;
- avoir entre 18 et 25 ans inclus, ou moins de 30 ans si l’on est reconnu handicapé ou si l’on n’a pas travaillé assez longtemps pour être indemnisé ;
- reprendre tout ou partie d’une entreprise en sauvegarde, en redressement ou en liquidation judiciaire dont on était salarié ;
- avoir signé un contrat d’appui au projet d’entreprise (CAPE), sous conditions ;
- créer ou reprendre une entreprise dans un quartier prioritaire de la politique de la ville ou dans une zone France ruralités revitalisation (ZFRR) ;
- percevoir la prestation partagée d’éducation de l’enfant (PreParE).
Deux conditions s’ajoutent : ne pas avoir bénéficié de l’ACRE au cours des trois années précédentes et, en société, exercer le contrôle effectif de l’entreprise. L’activité peut être commerciale, artisanale, agricole ou libérale, en entreprise individuelle comme en société.
Les jeunes créateurs peuvent aussi combiner l’ACRE avec d’autres dispositifs : voyez notre article sur les aides pour jeune entrepreneur.
Quelles cotisations sont exonérées ?
L’ACRE porte sur les cotisations de sécurité sociale :
- assurance maladie et maternité ;
- invalidité et décès ;
- allocations familiales ;
- retraite de base (assurance vieillesse).
Restent dues en totalité : la CSG et la CRDS, la retraite complémentaire, la contribution à la formation professionnelle et, pour certaines professions, les contributions propres à leur régime.
Le montant de l’exonération
Pour les entreprises hors micro-entreprise
Le montant dépend du revenu d’activité, comparé au plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), fixé à 48 060 € pour 2026 :
| Revenu annuel d’activité | Exonération (créations depuis le 1er janvier 2026) |
|---|---|
| Jusqu’à 75 % du PASS (36 045 € en 2026) | Partielle, plafonnée à 25 % des cotisations concernées |
| Entre 75 % et 100 % du PASS | Dégressive, de façon linéaire |
| Au-delà du PASS (48 060 € en 2026) | Aucune exonération |
Avant 2026, l’exonération était totale pour les revenus inférieurs à 75 % du PASS. Les entreprises créées avant cette date restent soumises aux règles en vigueur lors de leur création.
Pour les micro-entrepreneurs
Le micro-entrepreneur paie ses cotisations en pourcentage de son chiffre d’affaires. Avec l’ACRE, ce taux est réduit :
- pour une activité débutée avant le 1er juillet 2026 : taux réduit de moitié ;
- pour une activité débutée à partir du 1er juillet 2026 : taux égal à 75 % du taux normal, soit une réduction de 25 %.
Les taux normaux varient selon l’activité (vente de marchandises, prestations de services commerciales ou artisanales, professions libérales) et sont mis à jour chaque année : consultez le site de l’Urssaf pour les taux applicables.

Combien de temps dure l’ACRE ?
L’exonération dure 12 mois à compter du début d’activité. Pour les micro-entrepreneurs, elle court jusqu’à la fin du troisième trimestre civil qui suit celui du début d’activité : selon la date de création, la période effective peut donc être un peu inférieure à douze mois. Les prolongations qui existaient autrefois pour les micro-entrepreneurs ne s’appliquent plus aux créations récentes.
Comment obtenir l’ACRE ?
Depuis 2026, l’ACRE n’est plus jamais automatique : il faut déposer une demande auprès de l’Urssaf, avec le formulaire adapté à son statut et les justificatifs d’éligibilité, dans les 60 jours suivant la déclaration d’activité pour les déclarations effectuées depuis le 1er juillet 2026. Toutes les étapes sont détaillées dans notre guide de la demande ACRE.
Avantages et limites du dispositif
L’ACRE garde plusieurs atouts : elle réduit les charges au moment où le chiffre d’affaires est le plus incertain, elle s’applique à toutes les formes d’entreprise et elle se combine avec les aides de France Travail. Pour un micro-entrepreneur, la réduction est immédiate et visible à chaque déclaration de chiffre d’affaires.
Ses limites sont toutefois plus nettes depuis 2026 :
- l’exonération est devenue partielle, alors qu’elle était totale pour les revenus modestes ;
- le public éligible est plus restreint : un salarié qui quitte son emploi pour créer son entreprise n’y a généralement plus droit, sauf s’il relève d’une autre catégorie (âge, zone d’implantation) ;
- l’oubli de la demande ou du délai fait perdre l’aide.
Intégrez donc l’ACRE à votre prévisionnel comme un bonus de démarrage, sans en faire la condition de rentabilité de votre projet : à la fin de la période d’exonération, les cotisations reviennent au taux normal.
ACRE et autres aides à la création
L’ACRE peut se combiner avec d’autres dispositifs, selon votre situation :
- l’ARCE (aide à la reprise ou à la création d’entreprise) : un demandeur d’emploi indemnisé peut recevoir une partie de ses droits restants à l’allocation chômage sous forme de capital, versé en deux fois ;
- le maintien de l’allocation chômage : à la place de l’ARCE, il est possible de continuer à percevoir l’allocation mensuelle, cumulée avec les revenus de l’activité, dans certaines limites ;
- le contrat d’appui au projet d’entreprise (CAPE) : une structure d’accompagnement apporte un appui technique et matériel pendant la préparation du projet ;
- les prêts d’honneur et les aides des régions, qui financent et accompagnent les créateurs.
Pour bien démarrer, ces aides gagnent à être complétées par des investissements qui produisent des revenus durables. Une création de site vitrine permet par exemple de trouver ses premiers clients pendant la période d’exonération.
Questions fréquentes
Quel est le montant de l’ACRE en 2026 ?
Pour les créations depuis le 1er janvier 2026, l’exonération est plafonnée à 25 % des cotisations de sécurité sociale pour un revenu inférieur à 75 % du PASS, puis dégressive jusqu’au PASS. Pour un micro-entrepreneur ayant débuté depuis le 1er juillet 2026, le taux de cotisation est réduit de 25 %.
Les micro-entrepreneurs ont-ils droit à l’ACRE ?
Oui, s’ils appartiennent à l’un des publics éligibles et en font la demande dans les délais. Leur exonération prend la forme d’un taux de cotisation réduit sur le chiffre d’affaires.
L’ACRE est-elle gérée par France Travail ?
Non. L’ACRE est accordée par l’Urssaf. France Travail intervient pour l’ARCE et le maintien de l’allocation chômage, et délivre les attestations d’inscription utiles à la demande.
Votre site doit vous apporter des clients. Nous analysons gratuitement votre projet : proposition de création offerte si vous n'avez pas encore de site, diagnostic SEO et GEO offert si vous en avez déjà un. Découvrir notre offre : création de site vitrine.








