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Plan de financement : utilité, contenu et exemple

Le 5 août 2021 - 6 minutes de lecture
Plan de financement : signature d'un contrat de prêt bancaire

Le plan de financement est un tableau qui met en face, d’un côté, tout ce dont un projet a besoin pour démarrer et durer (investissements, besoin en fonds de roulement), de l’autre, les ressources qui couvrent ces besoins (apports, emprunts, subventions, autofinancement). Il doit être équilibré : chaque besoin doit trouver une ressource. C’est l’un des premiers documents que demandent les banques.

On distingue le plan de financement initial, établi pour le démarrage, et le plan de financement pluriannuel, qui suit l’entreprise sur trois à cinq exercices. Voici comment les construire, avec un exemple simple.

À quoi sert un plan de financement ?

  • Chiffrer le besoin réel : combien faut-il réunir pour lancer le projet sans être à court d’argent dans six mois ?
  • Vérifier l’équilibre financier : des besoins durables (un local, des machines) doivent être financés par des ressources durables (capitaux propres, emprunts à moyen terme), pas par un découvert.
  • Convaincre les financeurs : banque, investisseurs, réseaux de prêt d’honneur ou organismes d’aide veulent voir que le projet tient debout et que l’emprunt pourra être remboursé.
  • Piloter : une fois l’activité lancée, il sert de référence pour suivre les investissements et anticiper les besoins futurs.

Le plan de financement est l’un des tableaux du prévisionnel financier, avec le compte de résultat prévisionnel, le plan de trésorerie et le bilan prévisionnel. Parmi les postes à chiffrer dans ces tableaux figure la dotation aux amortissements : notre article explique comment la budgétiser.

Le plan de financement initial

Établi avant la création ou la reprise, il recense tout ce qu’il faut financer au démarrage et la façon de le financer.

Les besoins de démarrage

  • Frais d’établissement : frais d’immatriculation, d’annonce légale, d’honoraires de rédaction des statuts.
  • Investissements incorporels : rachat d’un fonds de commerce, droit au bail, droit d’entrée en franchise, dépôt de marque, logiciels, site internet.
  • Investissements corporels : matériel, outillage, véhicules, mobilier, travaux d’aménagement, éventuellement terrain et bâtiment.
  • Dépôts et cautions : dépôt de garantie du bail, cautions diverses.
  • Besoin en fonds de roulement : la somme nécessaire pour financer le décalage entre les dépenses de l’activité et l’encaissement des ventes (stock de départ, délais de paiement des clients).
  • Trésorerie de départ : une réserve pour absorber les imprévus des premiers mois.

Le site internet est un bon exemple d’investissement souvent sous-estimé : pour une entreprise de services ou de proximité, la création de site vitrine fait partie des dépenses de lancement et mérite sa ligne dans le tableau, au même titre que l’enseigne ou le matériel.

Les ressources de démarrage

  • Apports personnels : en capital (numéraire ou nature) ou en compte courant d’associé.
  • Prêts d’honneur : prêts personnels à taux zéro, sans garantie, accordés par des réseaux d’accompagnement ; ils renforcent les fonds propres et facilitent l’emprunt bancaire.
  • Emprunts bancaires et éventuels crédits-bails.
  • Subventions et aides : aides régionales, aides à la création selon votre situation.
  • Levée de fonds : entrée d’investisseurs au capital, financement participatif.

Exemple de plan de financement initial

Exemple fictif, pour illustrer la présentation d’un petit commerce :

BesoinsMontantRessourcesMontant
Frais d’établissement2 000 €Apport personnel15 000 €
Travaux et aménagement18 000 €Prêt d’honneur8 000 €
Matériel et mobilier12 000 €Emprunt bancaire30 000 €
Site internet et enseigne4 000 €Subvention2 000 €
Dépôt de garantie3 000 €
Stock de départ (BFR)10 000 €
Trésorerie de départ6 000 €
Total besoins55 000 €Total ressources55 000 €

Le total des ressources doit être égal ou supérieur au total des besoins. S’il manque de l’argent, il faut soit trouver une ressource supplémentaire, soit réduire ou étaler les investissements.

Le plan de financement pluriannuel

Il prolonge le plan initial sur trois exercices au moins. Chaque année, il reprend :

  • Côté besoins : les nouveaux investissements, l’augmentation du besoin en fonds de roulement liée à la croissance, les remboursements d’emprunts (part en capital), les dividendes éventuellement distribués.
  • Côté ressources : la capacité d’autofinancement (CAF), les nouveaux apports, les nouveaux emprunts, les subventions, les cessions d’actifs.

L’objectif est de vérifier que l’entreprise pourra financer son développement et rembourser ses dettes sans tension de trésorerie. Un solde négatif une année signale un besoin de financement à anticiper. Présentez-le comme le plan initial, avec une colonne par exercice : la banque doit pouvoir lire en un coup d’œil ce qui est investi chaque année, comment c’est financé et ce qui reste disponible. Si la capacité d’autofinancement couvre largement les remboursements d’emprunt, votre dossier est solide ; si elle les couvre à peine, prévoyez une marge de sécurité ou revoyez le calendrier des investissements.

Plan de financement : calculatrice et stylo posés sur une table pour chiffrer les besoins

Les deux calculs à maîtriser

La capacité d’autofinancement (CAF) mesure les ressources que l’activité génère elle-même. Simplement, elle se calcule ainsi : résultat net + dotations aux amortissements et provisions − reprises sur provisions et quote-part des subventions d’investissement virée au résultat.

Le besoin en fonds de roulement (BFR) mesure l’argent immobilisé par le cycle d’exploitation : stocks + créances clients − dettes fournisseurs (et dettes fiscales et sociales d’exploitation). Plus vos clients paient tard et plus vos stocks sont importants, plus le BFR est élevé.

Les erreurs à éviter

  • Oublier le BFR et la trésorerie de départ : c’est la première cause de difficultés des jeunes entreprises.
  • Financer un investissement durable par du court terme (découvert, facilité de caisse).
  • Présenter un plan déséquilibré en espérant que la banque complétera.
  • Ne pas mettre à jour le plan quand le projet évolue.

Questions fréquentes

Quelle différence entre plan de financement et plan de trésorerie ?

Le plan de financement raisonne sur l’année et sur les besoins durables. Le plan de trésorerie suit mois par mois les encaissements et les décaissements pour repérer les périodes de tension.

Sur combien d’années établir un plan de financement ?

Le plan initial couvre le démarrage ; le plan pluriannuel porte en général sur trois ans, parfois cinq pour les projets à fort investissement.

Qui peut m’aider à faire mon plan de financement ?

Un expert-comptable, une chambre de commerce ou de métiers, ou un réseau d’accompagnement à la création. Faites-le relire avant de rencontrer votre banque.

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Nicolas Mercatili, fondateur de l'agence SEO-TECH

Nicolas Mercatili

Fondateur et président de CN DIGITAL, la société qui édite SEO-TECH. Consultant SEO depuis 2010, il pilote les projets clients notament sur la partir SEO. Cofondateur de Semjuice, formateur Google et conférencier, il accompagne les entreprises pour être visibles sur Google et dans les réponses des assistants IA. LinkedIn · Site personnel