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Clause de non concurrence : définition et règles de validité

Le 23 août 2021 - 6 minutes de lecture
Clause de non concurrence : salarié rangeant ses affaires dans un carton en quittant le bureau

Une clause de non concurrence interdit à un salarié, après la fin de son contrat de travail, d’exercer une activité concurrente de celle de son ancien employeur, pendant une durée et sur un territoire limités. Pour être valable, elle doit remplir quatre conditions cumulatives fixées par la jurisprudence, dont le versement d’une contrepartie financière au salarié. À défaut, elle est nulle.

Le Code du travail ne la définit pas : son régime a été construit par les tribunaux, en particulier la Cour de cassation. Employeur ou salarié, voici ce qu’il faut savoir avant de la signer, de l’appliquer ou d’y renoncer.

Qu’est-ce qu’une clause de non concurrence ?

C’est une clause du contrat de travail, ou prévue par la convention collective, qui protège l’entreprise contre le risque qu’un ancien salarié utilise son savoir-faire, ses contacts ou sa connaissance des clients au profit d’un concurrent, ou pour son propre compte. Elle ne s’applique qu’après la rupture du contrat : pendant l’exécution du contrat, le salarié est déjà tenu par une obligation de loyauté.

La clause doit être écrite et acceptée par le salarié, soit dans son contrat (par exemple un CDI), soit dans un avenant. Si la convention collective la prévoit, le salarié doit avoir été informé de son existence. Dans un groupe de sociétés, elle protège en principe l’employeur signataire et non l’ensemble du groupe, sauf rédaction particulière.

Les quatre conditions de validité

1. Protéger un intérêt légitime de l’entreprise

La clause doit être indispensable à la protection des intérêts de l’entreprise. Elle se justifie pour un commercial en contact direct avec la clientèle, un ingénieur qui connaît des procédés sensibles ou un cadre stratégique ; beaucoup moins pour un poste d’exécution sans contact avec la clientèle ni accès à des informations sensibles.

2. Être limitée dans le temps

La loi ne fixe pas de durée maximale, mais elle doit rester raisonnable au regard du poste et du secteur. En pratique, on rencontre souvent des durées d’un à deux ans. Certaines conventions collectives fixent des limites.

3. Être limitée dans l’espace

La zone géographique doit être précise (une ville, des départements, une région) et cohérente avec l’activité réelle de l’entreprise. Une clause « sur toute la France » pour une entreprise locale risque d’être jugée excessive.

4. Tenir compte des spécificités de l’emploi et prévoir une contrepartie financière

La clause ne doit pas empêcher le salarié de travailler conformément à sa formation et à son expérience : elle vise une activité concurrente, pas tout emploi. Surtout, l’employeur doit verser une contrepartie financière. Son montant n’est pas fixé par la loi, mais il ne doit pas être dérisoire ; la convention collective prévoit parfois un minimum. Elle est versée après la rupture du contrat, souvent mensuellement, quel que soit le motif de la rupture (démission, licenciement, rupture conventionnelle). Une contrepartie payée pendant l’exécution du contrat, ou réduite selon le motif de rupture, n’est pas valable.

Clause de non concurrence : main tenant un stylo avant de signer un contrat de travail

Que se passe-t-il si la clause est nulle ?

Si l’une des conditions manque, la clause est nulle et le salarié est libre de travailler pour un concurrent. Seul le salarié peut se prévaloir de cette nullité. S’il a respecté une clause illicite, il peut obtenir des dommages et intérêts en démontrant le préjudice subi. Le juge peut aussi réduire la portée d’une clause excessive (durée, zone, activités) plutôt que de l’annuler.

Les obligations de chacun

  • L’employeur verse la contrepartie financière pendant toute la durée de la clause. S’il cesse de payer, le salarié est libéré de son obligation et peut réclamer les sommes dues.
  • Le salarié s’abstient de toute activité concurrente dans la zone et pendant la durée prévues. S’il viole la clause, il perd le droit à la contrepartie, peut devoir rembourser les sommes perçues depuis la violation, et peut être condamné à des dommages et intérêts. Le nouvel employeur qui l’embauche en connaissance de cause peut aussi voir sa responsabilité engagée.

L’employeur peut-il renoncer à la clause ?

Oui, mais seulement si le contrat ou la convention collective le prévoit, ou avec l’accord du salarié. La renonciation doit être claire et notifiée par écrit, de préférence par lettre recommandée avec accusé de réception, dans le délai prévu. La jurisprudence est exigeante sur le moment :

  • en cas de dispense de préavis, la renonciation doit intervenir au plus tard à la date du départ effectif du salarié ;
  • en cas de rupture de contrat de travail à l’amiable (rupture conventionnelle), au plus tard à la date de rupture fixée dans la convention.

Une renonciation tardive oblige l’employeur à verser la contrepartie.

Exemple de clause de non concurrence

À titre indicatif, une clause comporte généralement : l’activité interdite (par exemple, toute activité de vente de solutions concurrentes auprès de la clientèle de l’entreprise), la durée (douze mois à compter de la cessation effective du contrat), la zone (les départements où le salarié intervenait), le montant et le rythme de la contrepartie (un pourcentage de la rémunération mensuelle moyenne, versé chaque mois), et la faculté de renonciation avec son délai. Faites-la rédiger ou relire par un avocat en droit social : une clause mal écrite ne protège rien.

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Questions fréquentes

La clause de non concurrence s’applique-t-elle en cas de démission ?

Oui, elle s’applique quel que soit le mode de rupture, et la contrepartie financière est due dans tous les cas, sauf renonciation régulière de l’employeur.

Quand une clause de non concurrence est-elle abusive ?

Quand elle ne protège pas un intérêt légitime, quand sa durée ou sa zone sont excessives, quand elle empêche le salarié de travailler dans son métier, ou quand la contrepartie est absente ou dérisoire.

Existe-t-il des clauses de non concurrence hors contrat de travail ?

Oui, par exemple lors de la cession d’un fonds de commerce ou de parts sociales, ou dans un contrat d’agent commercial. Elles obéissent à des règles différentes, mais doivent elles aussi rester proportionnées.

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Nicolas Mercatili, fondateur de l'agence SEO-TECH

Nicolas Mercatili

Fondateur et président de CN DIGITAL, la société qui édite SEO-TECH. Consultant SEO depuis 2010, il pilote les projets clients notament sur la partir SEO. Cofondateur de Semjuice, formateur Google et conférencier, il accompagne les entreprises pour être visibles sur Google et dans les réponses des assistants IA. LinkedIn · Site personnel