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Micro-entreprise : avantages, inconvénients et fonctionnement

Le 9 juillet 2021 - 7 minutes de lecture
micro entreprise avantages inconvénients : indépendant travaillant sur son ordinateur à domicile

Le régime de la micro-entreprise (ou auto-entreprise) est un régime simplifié réservé aux entrepreneurs individuels dont le chiffre d’affaires reste sous certains plafonds. Ses avantages : création rapide et gratuite, comptabilité réduite, cotisations sociales calculées en pourcentage du chiffre d’affaires encaissé, franchise de TVA possible. Ses inconvénients : impossibilité de déduire ses charges réelles, plafonds de chiffre d’affaires, protection sociale limitée quand les revenus sont faibles et image parfois moins solide auprès des banques et des grands clients.

C’est le régime le plus choisi par les créateurs d’entreprise en France. Avant de l’adopter, il faut pourtant vérifier qu’il convient à son activité, en particulier si elle demande beaucoup d’achats ou d’investissements. Voici comment il fonctionne, ses avantages et ses inconvénients.

Comment fonctionne le régime micro-entreprise ?

Le micro-entrepreneur est un entrepreneur individuel qui bénéficie à la fois d’un régime fiscal simplifié (micro-BIC ou micro-BNC) et d’un régime social simplifié. Il exerce en nom propre, sans créer de société. Depuis 2022, son patrimoine personnel est séparé de son patrimoine professionnel, avec quelques exceptions.

Les activités concernées

Le régime est ouvert à la plupart des activités :

  • commerciales : achat-revente, vente de marchandises, hébergement ;
  • artisanales : métiers du bâtiment, réparation, fabrication ;
  • de prestations de services commerciales ou artisanales ;
  • libérales, réglementées ou non, sous réserve des règles propres à certaines professions.

Certaines activités en sont exclues, comme les activités agricoles relevant de la MSA, certaines activités immobilières ou les professions qui imposent une autre forme d’exercice.

Les plafonds de chiffre d’affaires

Le régime s’applique tant que le chiffre d’affaires annuel ne dépasse pas un plafond, qui dépend de la nature de l’activité. Pour 2026 à 2028, il est fixé à 203 100 euros pour les activités de vente de marchandises et d’hébergement, et à 83 600 euros pour les prestations de services et les activités libérales. Ces plafonds sont révisés tous les trois ans : vérifiez les montants en vigueur sur le site de l’Urssaf ou d’impots.gouv.fr avant de vous lancer.

En cas de dépassement deux années de suite, l’entreprise bascule au régime réel d’imposition. Le détail du régime fiscal applicable aux activités commerciales est présenté dans notre article sur le régime micro-BIC.

La création

La déclaration de début d’activité se fait gratuitement en ligne, sur le guichet unique des formalités d’entreprises géré par l’INPI. Le micro-entrepreneur obtient ensuite son numéro SIRET et peut commencer à facturer.

Les avantages du régime micro-entreprise

Une comptabilité allégée

Pas de bilan ni de compte de résultat à établir. Le micro-entrepreneur doit seulement tenir :

  • un livre des recettes, qui enregistre chronologiquement les sommes encaissées ;
  • un registre des achats, pour les activités de vente de marchandises ou de fourniture de logement.

Il doit aussi ouvrir un compte bancaire dédié à son activité lorsque son chiffre d’affaires dépasse 10 000 euros pendant deux années consécutives.

Des coûts de fonctionnement réduits

Le recours à un expert-comptable n’est pas obligatoire, et il n’y a pas de frais de constitution de société. Pour une petite activité, ces économies comptent.

Des cotisations proportionnelles au chiffre d’affaires

Les cotisations sociales sont calculées en appliquant un taux forfaitaire au chiffre d’affaires encaissé, déclaré chaque mois ou chaque trimestre. Pas de chiffre d’affaires, pas de cotisations : il n’y a pas de cotisations minimales à payer en début d’activité, contrairement aux autres régimes. Les taux dépendent de l’activité et évoluent régulièrement.

Un impôt simple, avec une option libératoire

Le bénéfice imposable est calculé automatiquement : l’administration applique au chiffre d’affaires un abattement forfaitaire pour frais, différent selon l’activité. Le micro-entrepreneur peut aussi, sous condition de revenus du foyer, opter pour le versement libératoire : il paie son impôt en même temps que ses cotisations, en pourcentage du chiffre d’affaires, ce qui évite les surprises.

La franchise en base de TVA

Tant que son chiffre d’affaires reste sous des seuils spécifiques, distincts des plafonds du régime micro, le micro-entrepreneur ne facture pas de TVA. Ses prix sont plus compétitifs auprès des particuliers. Voir notre article sur la franchise en base de TVA.

micro entreprise avantages inconvénients : tenue du livre des recettes dans un carnet

Les inconvénients du régime micro-entreprise

Pas de déduction des charges réelles

C’est la principale limite. Impôt et cotisations sont calculés sur le chiffre d’affaires, pas sur le bénéfice réel. Une activité avec beaucoup d’achats, de sous-traitance ou d’investissements peut payer des cotisations sur un chiffre d’affaires qui ne lui laisse presque rien. Et en cas de perte, aucun déficit n’est reconnu.

Des plafonds qui limitent la croissance

Au-delà des plafonds, l’entreprise sort du régime. Une activité qui se développe doit anticiper ce passage, qui change la comptabilité, la fiscalité et parfois la forme juridique.

Une protection sociale liée au chiffre d’affaires

Les droits à la retraite et aux indemnités journalières dépendent des revenus déclarés. Avec un chiffre d’affaires faible, la protection est réduite. Le micro-entrepreneur ne cotise pas à l’assurance chômage et n’y a pas droit en cas d’arrêt de son activité.

Une TVA non récupérable

La franchise de TVA a un revers : le micro-entrepreneur ne peut pas récupérer la TVA payée sur ses achats. Pour une activité qui investit beaucoup ou qui travaille surtout avec des professionnels, c’est un coût.

Une image parfois moins solide

Certaines banques, certains grands comptes et certains donneurs d’ordre préfèrent travailler avec des sociétés. Ce frein se compense par une présentation professionnelle : devis soignés, références, présence en ligne.

Micro-entreprise et allocations chômage

Contrairement à une idée reçue, un demandeur d’emploi qui crée une micro-entreprise peut continuer à percevoir son allocation chômage, réduite en fonction du chiffre d’affaires déclaré après abattement, ou demander le versement d’une partie de ses droits en capital. Les règles de calcul sont fixées par France Travail.

Le régime micro-entreprise est-il fait pour vous ?

Le régime convient si…Le régime convient moins si…
vous démarrez ou testez une activitévous avez beaucoup de charges ou d’achats
vos frais sont faibles par rapport au chiffre d’affairesvous prévoyez d’investir lourdement
vous travaillez surtout avec des particuliersvos clients sont surtout des professionnels assujettis à la TVA
vous voulez une gestion administrative minimalevous comptez dépasser rapidement les plafonds

Quel que soit le régime, trouver des clients reste la priorité. Pour un micro-entrepreneur, une création de site vitrine bien référencée est souvent l’outil le plus rentable pour gagner en crédibilité et recevoir des demandes de devis.

Questions fréquentes

Quelle différence entre auto-entrepreneur et micro-entrepreneur ?

Aucune : depuis 2016, les deux termes désignent le même régime. « Micro-entrepreneur » est le terme officiel.

Un micro-entrepreneur peut-il embaucher ?

Oui, rien ne l’interdit. Mais les salaires versés, comme les autres charges, ne sont pas déductibles du chiffre d’affaires sur lequel il paie ses cotisations et son impôt.

Peut-on quitter le régime micro-entreprise ?

Oui, en optant pour le régime réel d’imposition, en créant une société ou en cessant l’activité. Le dépassement des plafonds deux années de suite entraîne aussi la sortie du régime.

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Nicolas Mercatili, fondateur de l'agence SEO-TECH

Nicolas Mercatili

Fondateur et président de CN DIGITAL, la société qui édite SEO-TECH. Consultant SEO depuis 2010, il pilote les projets clients notament sur la partir SEO. Cofondateur de Semjuice, formateur Google et conférencier, il accompagne les entreprises pour être visibles sur Google et dans les réponses des assistants IA. LinkedIn · Site personnel