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Gestion de configuration : définition, utilité et outils

Le 29 avril 2022 - 7 minutes de lecture
gestion de configuration : baies de serveurs alignées dans un centre de données

La gestion de configuration est la discipline qui consiste à connaître, documenter et maîtriser l’état de chaque élément d’un système informatique (serveurs, logiciels, réseau, paramètres), puis à suivre et automatiser tous les changements qui lui sont apportés. Elle réduit les pannes dues aux erreurs de manipulation, accélère le déploiement de nouvelles machines et permet de revenir à une version stable en cas de problème. Voici comment elle fonctionne, à quoi elle sert et quels outils l’appliquent.

Gestion de configuration : définition

Une « configuration » désigne l’ensemble des réglages et des versions qui font fonctionner un système : version du système d’exploitation, logiciels installés, paramètres réseau, comptes, règles de sécurité. La gestion de configuration (en anglais configuration management) vise à ce que cet état soit connu, documenté et reproductible.

En pratique, l’administrateur décrit l’état souhaité de chaque machine dans des fichiers, et un outil se charge d’appliquer cet état, de vérifier qu’il est respecté et de corriger les écarts. Les mises à niveau et les corrections sont ainsi automatisées, et l’état de l’infrastructure se consulte sans intervention manuelle sur chaque serveur.

La démarche est utile dès la mise en place d’un nouveau réseau informatique, puis tout au long de sa vie, à chaque changement. Elle ne concerne d’ailleurs pas que l’informatique : l’aéronautique, l’industrie pharmaceutique, la construction navale ou ferroviaire l’appliquent aussi pour suivre la configuration exacte de chaque équipement.

Comment fonctionne la gestion de configuration ?

Elle est surtout précieuse pour les systèmes complexes, où il devient impossible de suivre les révisions et les mises à jour à la main. Le processus repose sur plusieurs activités :

  • l’identification des éléments à suivre (serveurs, logiciels, fichiers de paramètres) ;
  • l’enregistrement de leur état et de leurs versions successives ;
  • l’automatisation des installations, mises à jour et corrections ;
  • la maîtrise des changements : chaque modification est demandée, validée, appliquée et tracée ;
  • l’organisation des éléments en groupes et sous-groupes (par exemple « serveurs web », « postes du service comptable ») pour hiérarchiser les actions ;
  • l’audit et la revue, qui vérifient que la réalité correspond à ce qui est documenté.

Quelle est l’utilité de la gestion de configuration pour une entreprise ?

Un système informatique ne se résume plus à l’installation de quelques logiciels et d’un serveur. Il faut gérer le réseau, les données, l’environnement et garantir que tout fonctionne dans la durée. La gestion de configuration y contribue de plusieurs façons.

Réduire les pannes et les erreurs

Une grande partie des incidents informatiques vient d’erreurs de manipulation : un paramètre oublié, une mise à jour appliquée sur un serveur et pas sur l’autre, une modification non documentée. En automatisant les tâches répétitives à partir d’un état de référence, la gestion de configuration supprime une bonne partie de ces erreurs, et avec elles les dépenses liées à la remise en route du système.

Détecter les problèmes plus tôt

Connaître précisément l’état de chaque élément permet de repérer les écarts avant qu’ils ne provoquent une panne : un serveur qui ne respecte plus la configuration attendue, un logiciel resté sur une version vulnérable. Les tâches autrefois réalisées à la main par l’administrateur sont confiées à des outils, ce qui libère du temps pour la prévention.

Gagner du temps

Avec une configuration décrite dans des fichiers, l’installation d’un nouveau serveur se fait en quelques minutes au lieu de plusieurs heures, avec un résultat identique à chaque fois. Là où il fallait autrefois écrire des scripts personnalisés, l’outil applique l’état souhaité par l’administrateur. L’inventaire précis du matériel et des logiciels évite aussi des achats inutiles, par exemple une licence déjà disponible.

Maîtriser les coûts

Une panne coûte cher : temps de diagnostic, réparation, activité interrompue. En réduisant les risques d’arrêt et en simplifiant la gestion d’infrastructures complexes, la gestion de configuration allège le travail du service informatique et facilite la gestion du parc.

Revenir rapidement à un état stable

Comme chaque version de la configuration est conservée, il est possible de revenir à la dernière version qui fonctionnait après une modification ratée, ou de reconstruire un serveur à l’identique. Attention : la gestion de configuration ne remplace pas les sauvegardes des données. Elle restaure la façon dont un système est réglé, pas les fichiers et bases de données qu’il contient. Les deux se complètent.

gestion de configuration : câbles connectés à un serveur dans une baie informatique

Les outils de gestion de configuration

Plusieurs outils sont largement utilisés pour automatiser la configuration des serveurs et des postes :

OutilUsage principal
Ansible (Red Hat)Automatisation de la configuration et des déploiements, sans agent installé sur les machines
PuppetApplication d’un état de référence sur un grand parc de serveurs
ChefConfiguration décrite sous forme de « recettes »
Salt (SaltStack)Configuration et exécution de commandes à grande échelle
CFEngineL’un des plus anciens outils du domaine, léger et rapide
TerraformCréation d’infrastructures (serveurs, réseaux, cloud) décrites sous forme de code
GLPILogiciel libre de gestion de parc et d’inventaire, utile pour la base de configuration

Pour le code et les fichiers de paramètres, un gestionnaire de versions comme Git est la base de toute gestion de configuration logicielle : il conserve chaque modification, son auteur et sa date.

Les quatre activités clés d’un plan de gestion de configuration

1. L’identification des éléments de configuration

On commence par définir les éléments à suivre, appelés éléments de configuration. Pour chacun, on précise :

  • les informations à conserver, leur organisation et leur cycle de vie ;
  • la règle de nommage ;
  • les relations avec les autres éléments (tel logiciel tourne sur tel serveur, qui dépend de tel réseau).

2. La gestion des changements

Chaque modification apportée au système est identifiée et suivie tout au long de son cycle de vie : demande, analyse d’impact, validation, mise en œuvre, vérification.

3. L’enregistrement des configurations

À chaque changement, qu’il touche les caractéristiques d’un élément, ses relations avec les autres ou l’ensemble du système, l’ancienne configuration est conservée. Ces versions (ou révisions) servent de preuve de chaque étape. Un historique consultable permet de retrouver rapidement qui a modifié quoi, quand et pourquoi.

4. L’audit et la revue

Deux contrôles complémentaires vérifient la cohérence de l’ensemble : l’audit fonctionnel (le système fait-il ce qui est attendu ?) et l’audit physique (ce qui est installé correspond-il à ce qui est documenté ?). L’audit porte aussi sur la gestion des sauvegardes et le suivi du référentiel de configuration. Cette rigueur est d’ailleurs attendue par les normes de sécurité comme l’ISO 27001.

Exemple : la gestion de configuration appliquée à un site internet

Les mêmes principes s’appliquent à un site web. Chez nous, chaque projet de création de site vitrine suit cette logique à son échelle : versions du CMS, des extensions et du thème documentées, modifications testées sur une copie du site avant la mise en ligne, sauvegardes séparées des fichiers et de la base de données. En cas de souci après une mise à jour, on revient à l’état précédent en quelques minutes. Les entreprises qui ne veulent pas gérer cela en interne peuvent confier leur parc à un prestataire d’infogérance.

Questions fréquentes

Quelle différence entre gestion de configuration et gestion des changements ?

La gestion de configuration décrit et maîtrise l’état du système. La gestion des changements encadre la façon dont cet état évolue. La seconde est l’une des activités de la première.

Une petite entreprise a-t-elle besoin de gestion de configuration ?

Oui, à son échelle : un inventaire à jour du matériel et des logiciels, des mises à jour suivies et documentées, et des sauvegardes testées suffisent souvent. Les outils d’automatisation deviennent indispensables quand le nombre de serveurs ou de postes augmente.

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Nicolas Mercatili, fondateur de l'agence SEO-TECH

Nicolas Mercatili

Fondateur et président de CN DIGITAL, la société qui édite SEO-TECH. Consultant SEO depuis 2010, il pilote les projets clients notament sur la partir SEO. Cofondateur de Semjuice, formateur Google et conférencier, il accompagne les entreprises pour être visibles sur Google et dans les réponses des assistants IA. LinkedIn · Site personnel