Marketing digital

Zone de chalandise : définition, calcul et méthode

Le 22 juin 2022 - 8 minutes de lecture
zone de chalandise : une carte marquée d'épingles de couleur

La zone de chalandise est le secteur géographique d’où provient l’essentiel de la clientèle d’un point de vente. On la découpe en zones primaire, secondaire et tertiaire selon l’attraction du commerce, et on la trace le plus souvent en temps de trajet (courbes isochrones). La définir permet de choisir un emplacement, d’estimer un chiffre d’affaires potentiel et de cibler sa communication locale.

Pour une création d’entreprise comme pour un commerce déjà installé, l’étude de la zone de chalandise est une étape incontournable du business plan. Voici comment la définir, la calculer et l’élargir.

Zone de chalandise : définition

Le mot vient de « chaland », l’ancien terme pour désigner le client d’un commerce. La zone de chalandise (on dit aussi zone d’achalandage ou zone d’attraction commerciale) regroupe donc les lieux de résidence et de travail des clients actuels et potentiels d’un point de vente.

Sa définition est une étape du géomarketing, la discipline qui croise données géographiques et données commerciales. Elle répond à des questions concrètes : combien de clients potentiels vivent ou travaillent à proximité ? Quel est leur profil ? Combien de concurrents se partagent cette clientèle ? L’analyse s’intègre dans une étude de marché plus large et oriente toute la politique commerciale.

Les différents types de zones de chalandise

Selon le niveau d’attraction : primaire, secondaire, tertiaire

ZonePositionCe qui la caractérise
Primaire (zone d’emprise)Autour immédiat du point de venteConcentre la plus grande part de la clientèle ; l’influence du commerce y est la plus forte
SecondaireCouronne intermédiaireAttraction moyenne, concurrence directe plus présente ; il faut une action commerciale pour y gagner des clients
TertiairePériphérie éloignéeClientèle occasionnelle ou de passage ; ne s’attire qu’avec une offre forte ou une communication ciblée

Les proportions varient beaucoup selon l’activité : une boulangerie de quartier tire presque toute sa clientèle de sa zone primaire, alors qu’un magasin spécialisé ou un hypermarché attire des clients de beaucoup plus loin.

Selon la distance ou le temps : isodistance et isochrone

  • La zone isodistance (parfois appelée isométrique) relie les points situés à une même distance du commerce. Simple à tracer, elle ignore les routes, les rivières ou les voies ferrées qui allongent les trajets réels.
  • La zone isochrone relie les points situés à un même temps de trajet, à pied ou en voiture : 5, 10, 15 minutes. C’est la méthode la plus réaliste, car un client raisonne en temps de déplacement plutôt qu’en kilomètres.
zone de chalandise : une personne étudie le plan d'une ville

Comment calculer une zone de chalandise

  1. Tracer les isochrones autour de l’emplacement (actuel ou envisagé) avec un outil de cartographie en ligne, en choisissant le mode de déplacement de vos clients : à pied pour un commerce de centre-ville, en voiture pour une zone commerciale.
  2. Compter la population de chaque zone à l’aide des données publiques de l’Insee (population, ménages, âge, revenus par commune ou par quartier).
  3. Estimer la dépense : population × dépense moyenne des ménages dans votre catégorie de produits. On obtient le potentiel de marché de la zone.
  4. Recenser la concurrence : commerces similaires, grandes enseignes, offres en ligne. Votre part du potentiel dépend de leur nombre et de leur attractivité.
  5. En déduire un chiffre d’affaires prévisionnel en appliquant une part de marché réaliste, plus élevée dans la zone primaire que dans les suivantes.

Pour un commerce déjà ouvert, la méthode la plus fiable reste d’observer les clients réels : codes postaux relevés en caisse, fichier de fidélité, adresses de livraison. Ils dessinent la zone de chalandise effective, souvent différente de la zone théorique.

Exemple de calcul (chiffres fictifs)

Pour illustrer la méthode, prenons une librairie qui envisage de s’installer dans une petite ville. Les chiffres ci-dessous sont des hypothèses de travail, à remplacer par vos propres données :

  • zone primaire (moins de 10 minutes) : 8 000 ménages ; zone secondaire (10 à 20 minutes) : 15 000 ménages ;
  • dépense annuelle moyenne en livres retenue pour l’exercice : 100 € par ménage, soit un potentiel de 800 000 € en zone primaire et 1 500 000 € en zone secondaire ;
  • part de marché visée, compte tenu de la concurrence locale et de la vente en ligne : 15 % en zone primaire, 4 % en zone secondaire.

Le chiffre d’affaires prévisionnel ressort à 120 000 € + 60 000 €, soit environ 180 000 € par an. Comparé aux charges du local envisagé (loyer, personnel, stock), ce chiffre indique tout de suite si l’emplacement est viable ou s’il faut chercher ailleurs.

Les erreurs fréquentes

  • Tracer des cercles au lieu d’isochrones : une rivière, une voie rapide ou un sens unique peuvent couper une zone en deux.
  • Oublier les flux de passage : salariés qui travaillent dans le secteur, touristes, usagers d’une gare. Ils ne figurent pas dans les données de population résidente.
  • Surestimer sa part de marché : un nouveau commerce met du temps à se faire connaître. Prévoyez une montée en charge progressive.
  • Ignorer la concurrence en ligne, qui capte une partie de la dépense même dans votre zone primaire.

Les critères qui influencent une zone de chalandise

L’attractivité du secteur

Un emplacement dans un pôle d’attraction coûte plus cher à louer ou à acheter, mais il apporte un flux de clients dès l’ouverture. Dans une zone peu fréquentée, il faudra compenser par davantage de marketing et de patience pour construire sa réputation. Les facteurs à examiner :

  • la présence d’autres commerces, de grandes enseignes, d’un bassin d’emploi ou de services publics (écoles, administrations, hôpitaux) ;
  • l’accessibilité : transports en commun, stationnement, proximité d’un axe routier ;
  • le flux naturel de passants, lié à la densité de population.

Le profil des clients potentiels

L’idéal est de répondre à une demande qui existe déjà plutôt que d’en créer une. Près d’un campus, une restauration rapide à petits prix répond au besoin d’étudiants qui cherchent des repas nourrissants et bon marché. Dans un quartier aux revenus élevés, une offre haut de gamme (mobilier, épicerie fine, pièces rares) trouvera plus facilement son public. Le profil socio-économique des habitants est donc un critère central.

L’état de la concurrence

Une forte concurrence n’est pas forcément un mauvais signe : une forte densité d’offre traduit souvent une forte demande. Il faudra alors se distinguer par la qualité, le service ou la spécialisation. À l’inverse, s’installer dans une zone sans concurrent peut être une opportunité, à condition d’avoir vérifié que la demande existe vraiment.

À quoi sert la zone de chalandise ?

Avant l’implantation

L’emplacement est l’un des facteurs les plus déterminants pour un point de vente, y compris pour une enseigne ou une franchise qui fonctionne bien ailleurs. Une entreprise présélectionne plusieurs locaux, étudie la zone de chalandise de chacun, puis croise les résultats avec des mesures de fréquentation et des données statistiques externes (population, indices de consommation) pour estimer le chiffre d’affaires de chaque option. Le business plan qui en découle est beaucoup plus solide.

Après l’implantation

Pour un réseau de points de vente, comparer les zones de chalandise permet d’évaluer la performance de chaque magasin et de repérer les transferts ou regroupements utiles. Elles servent aussi à répartir l’effort publicitaire sur le territoire (presse locale, affichage, distribution d’imprimés, publicité en ligne géolocalisée) pour ne pas dépenser là où vos clients ne sont pas.

Comment agrandir sa zone de chalandise

  • Fidéliser la clientèle existante : carte de fidélité, services exclusifs. Une bonne fidélisation client consolide la zone primaire avant de partir à la conquête des suivantes.
  • Adapter l’assortiment à partir de l’analyse des besoins de la zone, et proposer des produits qu’on ne trouve pas chez les concurrents.
  • Mener des actions marketing ciblées sur les zones secondaire et tertiaire : événements, partenariats locaux, publicité géolocalisée.
  • Développer sa présence en ligne : un site clair, une fiche d’établissement Google complète et des avis clients attirent des personnes qui ne passent pas devant votre vitrine. Le référencement local permet d’apparaître quand on cherche votre activité dans votre ville ou les communes voisines.
  • Ouvrir un nouveau point de vente dans une zone au potentiel identifié, après une nouvelle étude.

Le site internet joue ici le rôle d’une vitrine qui dépasse les limites physiques du quartier. Une création de site vitrine pensée pour les recherches locales (horaires, accès, services, pages par commune desservie) élargit concrètement votre zone d’attraction.

Questions fréquentes

Comment tracer une zone de chalandise ?

Placez votre point de vente sur une carte, tracez des courbes isochrones (par exemple 5, 10 et 15 minutes en voiture ou à pied) avec un outil de cartographie, puis ajustez-les avec les obstacles réels et les adresses de vos clients existants.

Pourquoi définir une zone de chalandise ?

Pour choisir le bon emplacement, estimer le chiffre d’affaires potentiel, connaître ses clients et ses concurrents, et concentrer sa communication sur les secteurs où se trouvent réellement ses clients.

Quelle différence entre zone isochrone et isodistance ?

L’isodistance mesure une distance à vol d’oiseau ou par la route ; l’isochrone mesure un temps de trajet. L’isochrone est plus fidèle au comportement des clients, qui choisissent un commerce selon le temps qu’il leur faut pour s’y rendre.

Votre site doit vous apporter des clients. Nous analysons gratuitement votre projet : proposition de création offerte si vous n'avez pas encore de site, diagnostic SEO et GEO offert si vous en avez déjà un. Découvrir notre offre : création de site vitrine.

Christelle Mercatili, directrice générale de CN DIGITAL

Christelle Mercatili

Directrice générale de CN DIGITAL, la société qui édite SEO-TECH. Elle gère le catalogue de sites de l'agence et assure le suivi des stratégies de netlinking et média des clients. LinkedIn