Réseaux sociaux et publicité

Social selling : définition, méthode et réseaux à utiliser

Le 31 mai 2022 - 9 minutes de lecture
Social selling : une professionnelle échange avec un prospect en visioconférence sur ordinateur

Le social selling, ou vente sociale, consiste à utiliser les réseaux sociaux pour repérer des prospects, gagner leur confiance en partageant des contenus utiles, puis engager la conversation commerciale au bon moment. Il ne remplace pas la prospection classique : il la rend plus efficace, en remplaçant le démarchage à froid par une relation construite. LinkedIn en est le terrain principal en B2B, mais la méthode s’applique aussi sur X, Facebook ou Instagram.

Le numérique a profondément changé le marketing et la vente. Les acheteurs se renseignent seuls en ligne avant de contacter un fournisseur, et les réseaux sociaux sont devenus un lieu où l’on découvre des experts, compare des solutions et demande des recommandations. Les entreprises peuvent s’en servir pour se rapprocher de leurs clients et prospects, les convaincre et conclure des ventes. C’est tout l’objet du social selling.

Qu’est-ce que le social selling ?

Le social selling est une démarche commerciale qui s’appuie sur les réseaux sociaux (LinkedIn, X, Facebook, Instagram) pour vendre des produits ou des services. Elle s’appuie sur les besoins exprimés par les internautes pour créer des contacts qualifiés (leads) et déclencher des ventes. Elle concerne aussi bien la clientèle professionnelle que les particuliers.

Le social selling ne se résume pas à diffuser de la publicité sur les réseaux sociaux. Il vise le long terme et une approche plus indirecte. Il complète les méthodes traditionnelles comme le cold calling (appel téléphonique à froid) et le cold emailing (courriel envoyé à des contacts qui ne vous connaissent pas), qui présentent des offres à des personnes qui n’ont rien demandé.

Comment fonctionne le social selling ?

Le social selling s’inscrit dans la logique de l’inbound marketing (attirer les clients plutôt que les solliciter) et du storytelling. Il n’inonde pas les utilisateurs de messages commerciaux. Sa devise résume l’état d’esprit : être « intéressant plutôt qu’intéressé », ou en anglais « aim to help, not to sell ». Commerciaux, chargés de communication, marketeurs et dirigeants peuvent tous l’appliquer.

Concrètement, la démarche suit quatre temps :

  1. Identifier sa cible : quels profils, quels secteurs, quelles fonctions décident de l’achat ?
  2. Se rendre visible et crédible : un profil soigné et des publications qui apportent de la valeur à cette cible.
  3. Écouter : suivre ce que publient les prospects, repérer leurs questions, leurs projets, leurs difficultés.
  4. Engager la relation : commenter avec pertinence, envoyer une invitation personnalisée, puis proposer un échange quand le besoin apparaît.

Il ne s’agit pas d’abandonner le téléphone ou l’e-mail, mais de les utiliser au bon moment, auprès de personnes qui vous connaissent déjà. La mise en place demande du travail : identifier la cible, soigner son profil, écouter les attentes des clients et réagir à leurs remarques. En retour, elle fournit des informations précieuses sur les clients potentiels.

Comment appliquer le social selling ?

Le social selling est surtout pratiqué en B2B, mais il s’adapte à tout secteur et à toute taille d’entreprise. Il appartient à la famille du « digital selling », la vente appuyée sur les outils numériques. Il exige une bonne connaissance des réseaux sociaux et une vraie régularité dans les interactions. Trois chantiers sont prioritaires.

Optimiser son profil

Votre profil est votre vitrine. La photo doit être professionnelle et reconnaissable. Le titre doit dire à qui vous rendez service et comment, plutôt que d’afficher seulement votre fonction. La section « Infos » présente vos domaines d’expertise, avec les mots-clés que vos clients utilisent : votre profil apparaîtra ainsi quand ils cherchent un spécialiste de votre secteur. Ajoutez des recommandations de clients et des exemples de réalisations, et renvoyez vers un site qui détaille votre offre.

Publier du contenu utile

Le contenu doit intéresser vos prospects, pas seulement vanter vos produits. Partagez des conseils pratiques, des retours d’expérience, des analyses de votre marché, des réponses aux questions que l’on vous pose en rendez-vous. Les informations doivent être exactes et à jour, et le ton adapté à votre cible.

Entretenir la relation avec les clients

L’autre pilier du social selling est la relation. Réagissez aux commentaires, répondez aux messages, observez ce que les internautes pensent de votre produit, de vous et de vos concurrents. Ces échanges révèlent les freins à l’achat et les attentes, et vous permettent de proposer des réponses adaptées.

Social selling : poignée de main concluant un accord commercial après une prise de contact en ligne

Pourquoi le social selling est important pour une entreprise

Le social selling s’adapte à tous les secteurs et complète les techniques de prospection traditionnelles comme le téléphone, la newsletter ou l’e-mail. Ses bénéfices sont concrets :

  • une relation plus étroite avec les prospects : ils connaissent déjà votre expertise quand vous les contactez ;
  • de meilleures informations : vous savez sur quoi ils travaillent et ce qui les préoccupe ;
  • une image renforcée, pour le commercial comme pour l’entreprise ;
  • un cycle de vente plus court, car la confiance est installée avant le premier rendez-vous ;
  • des opportunités entrantes : un prospect qui voit vos contenus régulièrement finit par vous contacter de lui-même.

Les réseaux sociaux offrent aussi de nombreux outils pour entretenir la relation entre vendeur et client : statistiques de vues de vos publications, groupes de discussion, possibilité de suivre un prospect et son fil d’actualité, alertes sur les changements de poste. Enfin, ne pas pratiquer le social selling quand vos concurrents s’y sont mis, c’est leur laisser le terrain où vos clients se forment une opinion.

Comment faire du social selling sur chaque réseau

Tous les réseaux n’ont pas le même impact. Chacun a ses usages, et la stratégie doit être adaptée à chaque plateforme.

LinkedIn

Pour les professionnels, LinkedIn est le réseau social de référence, incontournable en B2B : les décideurs s’y informent avant d’acheter. Commencez par définir précisément vos cibles, pour connaître leurs besoins, leurs freins et leurs motivations. Utilisez la recherche avancée pour trouver des clients potentiels par secteur, fonction ou région, et demandez des recommandations à vos contacts communs. Les groupes sectoriels et les suggestions de contacts élargissent votre réseau. Publiez au moins une fois par semaine pour rester visible.

LinkedIn propose un indicateur dédié, le Social Selling Index (SSI). Noté sur 100, il évalue quatre piliers : établir votre marque professionnelle, trouver les bonnes personnes, échanger des informations utiles et développer des relations. C’est un bon tableau de bord pour suivre vos progrès. Pour comprendre tous les bénéfices de ce réseau, lisez pourquoi être sur LinkedIn ; et pour donner un coup d’accélérateur à vos publications, découvrez le principe du pod LinkedIn.

X (anciennement Twitter)

X permet de créer des listes qui regroupent les publications de comptes choisis. Grâce à ces listes, les commerciaux suivent séparément leurs prospects, leurs concurrents et leurs clients actuels. C’est un outil de veille efficace pour repérer le bon moment pour intervenir. Avec les clients actuels, l’interaction passe par les réponses, les mentions et le partage de leurs publications.

Facebook et Instagram

Sur Facebook, envoyer des demandes d’ami à des professionnels est mal perçu. La solution consiste à créer une page officielle et à l’animer : les clients s’y abonnent, suivent vos actualités et réagissent. Répondre à leurs commentaires entretient la relation et démontre votre expertise. Les groupes thématiques permettent aussi d’aider et de se faire connaître. Sur Instagram, le social selling passe par les messages privés et les stories, particulièrement adaptés aux commerces et aux marques grand public.

Les erreurs à éviter en social selling

  • Envoyer un argumentaire commercial dès l’acceptation d’une invitation : c’est exactement le réflexe que le social selling cherche à éviter. Commencez par échanger, proposez de l’aide, et parlez de votre offre quand le besoin s’exprime.
  • Automatiser les messages à grande échelle : des invitations et relances identiques envoyées par centaines se repèrent tout de suite et abîment votre image.
  • Publier uniquement sur ses produits : un fil composé de promotions n’apporte rien au lecteur. Visez une majorité de contenus utiles.
  • Négliger son profil : un prospect qui clique sur votre nom et découvre un profil vide ou daté ne donnera pas suite.
  • Abandonner trop tôt : la confiance se construit dans la durée. Quelques semaines d’activité ne suffisent pas à juger la méthode.
  • Ne pas mesurer : suivez le nombre de conversations engagées, de rendez-vous obtenus et de ventes issues des réseaux sociaux pour savoir ce qui fonctionne.

Un site pour convertir la confiance gagnée

Le social selling attire l’attention ; il faut ensuite un endroit où le prospect peut vérifier votre sérieux et passer à l’action. La création de site vitrine vous donne ce support : présentation de vos offres, références, études de cas et formulaire de contact, vers lesquels renvoyer depuis votre profil et vos publications.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le Social Selling Index de LinkedIn ?

C’est un score sur 100 calculé par LinkedIn, qui mesure votre efficacité en social selling selon quatre piliers : marque professionnelle, ciblage, partage de contenus et relations. Il est consultable gratuitement depuis votre compte.

Le social selling remplace-t-il la prospection téléphonique ?

Non, il la complète. Un appel à un prospect qui connaît déjà vos contenus est beaucoup mieux accueilli qu’un appel à froid.

Combien de temps faut-il pour voir des résultats ?

Le social selling est un travail de fond : comptez plusieurs mois de publications et d’interactions régulières avant que les premières opportunités entrantes apparaissent.

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Christelle Mercatili, directrice générale de CN DIGITAL

Christelle Mercatili

Directrice générale de CN DIGITAL, la société qui édite SEO-TECH. Elle gère le catalogue de sites de l'agence et assure le suivi des stratégies de netlinking et média des clients. LinkedIn